Abnormal Ecstasy (アブノーマル・エクスタシー)

de Toshiki Satou, 1991

avec : Mineo Sugiura, Mio Asakura, Yasunori Etou


Abnormal Ecstasy est un des premiers films du fameux réalisateur Toshiki Satou connu non seulement pour ses pinku (gay ou hétéro voire parfois ambivalents) mais également pour s'être essayé à d'autres genres. Cependant, Abnormal Ecstasy est un pinku très typique du style et des thèmes de Toshiki Satou, du moins de cette période du début des années 90.

Fukuda-san est un trentenaire en pleine crise. Célibataire, sans amis ou presque, démotivé et sans ambitions professionnelles, il se laisse aller et ne semble plus attendre rien de quoi que ce soit. C'est à ce moment, sous l'impulsion initiale d'une connaissance (un ami travaillant dans le porno), que sa vie va connaître un nouveau départ. Mais il ne tardera pas à s'apercevoir que ces espoirs vont être rapidement déçus.

Fukuda-san nous est présenté comme un célibataire assez fade et effacé qui ne semble pas tout à fait à sa place dans la société qui l'entoure sans en être exclu. Sans faire d'efforts pour s'intégrer ou rencontrer l'âme soeur, il n'y met néanmoins aucune mauvaise volonté, mais est plutôt victime d'une sorte de paresse peut-être due à des déceptions passées. On retrouve là un thème cher à Satou, les difficultés de communication et l'isolement progressif. Les lentes marches de Fukuda-san au visage inexpressif dans les rues désertes ajoutent à ce sentiment d'isolement de ce dernier par rapport à la société.
Soudain, il se retrouve impliqué dans deux relations qu'il n'a pas vraiment voulu. Une femme qui travaille dans un bar gay (autre thème cher à Satou) et se prostitue à l'occasion, trouve dans Fukuda-san le candidat idéal pour un compagnon, qui la changera de ses clients habituels et lui apportera un peu de stabilité (et certainement un moyen d'offrir une image plus acceptable à la société). Fukuda-san ne tarde pas à éprouver de véritables sentiments pour cette dernière sans se rendre à l'évidence qu'il est plus ou moins utilisé. De plus, une vieille connaissance avide de rompre avec son morne quotidien se présente à lui soudainement pour une nuit sans lendemain (pour preuve, on ne verra rien de leurs ébats, ce qui pour un pinku peut passer pour un acte manqué!). A ce propos, on notera que parmi les rares scènes érotiques, celle d'un rêve est la plus longue et expliciteLe pauvre Fukuda-san se retrouve dans la confusion la plus totale, découvrant qu'il n'est qu'un objet. Sa colère finira par faire surface sous la forme d'un viol dans une scène paroxysmale et totalement vaine.

Constat noir et froid d'une société où toute communication réelle semble impossible et où l'égoïsme et les faux-semblants règnent en maîtres, Abnormal Ecstasy approche parfois le climat urbain et dépressif des films de son homonyme Hisayasu Satou, la violence en moins mais une forme de réalisme en plus, notamment par l'attachant Fukuda-san.

© zeni

Titre japonais (romanisé) : Abnormal Ecstasy


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