Banquet of the Beasts (獣たちの性宴 イクときい )

de Shinji Imaoka, 1995

avec : Soujirou Arai, Aiko Naka, Takeshi Itou

scénario : Shinji Imaoka


Tout juste 10 ans entre ce Banquet of the Beasts et le récent Kaeru no Uta. Et le moins que l'on puisse dire est que Shinji Imaoka est un réalisateur qui a su faire évoluer son style. Pour sa première fois aux commandes, Shinji Imaoka a énormément de mal à se démarquer du style de Hisayasu Satou. Certainement que d'avoir été assistant réalisateur de ce dernier sur une bonne moitié de la vingtaine de films sur lesquels Imaoka a été assistant réalisateur n'est pas étranger à cette influence omniprésente. On ne sera donc pas étonné de trouver dans Banquet of the Beasts une ambiance déprimante, des décors cradingues et où le terrain vague est pour ainsi le seul lieu représenté à l'écran. Egalement, l'ensemble est plutôt obscur et une certaine forme de violence fait son apparition de temps à autre.

Le film tourne autour d'un homme (Masashi) que sa petite amie vient de quitter pour un autre. Il a cependant déjà trouvé une autre petite amie. Un jour, il découvre le corps d'un homme sous une autoroute près d'une rivière. Il invite sa petite amie, son ex et le petit ami de cette dernière à venir voir puis brûler le corps. Mais ce n'est que le début d'une fuite en avant.

Masashi passe le plus clair de son temps à rire. Un rire qui pourtant est loin de refléter une quelconque joie. Masashi se voit comme une sorte d'étoile filante traversant la vie et n'y trouvant visiblement pas de quoi lui donner envie de rester. C'est ainsi qu'il finira par lui-même tenter de se transformer en étoile d'une façon radicale, comme un pied de nez à la vie ou une dernière blague pas drôle.
Dans des décors vides, sans vie, on suit ces deux couples sans vraiment savoir où ils vont, eux-mêmes ne semblant pas trop comprendre ce qu'ils veulent et ayant abandonné jusqu'à tout semblant de vouloir s'intégrer socialement.
Errements, désespoir, noirceur, Banquet of the Beasts utilise le sexe comme il est représenté communément dans les film de Hisayasu Satou. A savoir un côté bestial, autodestructeur et glauque, loin de l'érotisme que l'on serait en droit d'attendre d'un pinku. Débarrassé de certains thèmes chers à Satou tels que le voyeurisme mais en intégrant d'autres tout aussi coutumiers du réalisateur, tel que l'aliénation sociale, avouons que Banquet of the Beasts tourne parfois un peu à vide ou en rond. Pour un film sur le vide, ça passe à peu près mais on ressent trop la difficulté d'Imaoka à s'affranchir de son modèle Satou et le film à tendance à ressasser des thèmes et un style qui a fait la gloire d'une génération de réalisateurs pinku (Hisayasu Satou bien sûr mais aussi Takahisa Zeze). Néanmoins, Imaoka s'en sort admirablement bien pour un premier film habité de quelques scènes surprenantes.
On verra Banquet of the Beasts un peu comme un Stand By Me désenchanté et lugubre à l'humour férocement noir. Pour l'érotisme, on repassera.

© zeni

Titre japonais (romanisé) : Kemonotachi no Seien Iku Toki Isshou


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