Beauty (発禁本「美人乱舞」より $)

de Noboru Tanaka, 1977

avec : Junko Miyashita, Hatsuo Yamaya


Parmi la flopée de films SM de la Nikkatsu, rares sont ceux qui parviennent à être une vraie réussite cinématographique tout en échappant à la monotonie des scènes de bondage, tortures et autres humiliations. Heureusement pour nous, Beauty’s Exotic Dance fait justement partie de ceux-là. Réalisé par Noboru Tanaka (Watcher In the Attic, A Woman Called Abe Sada), Beauty’s Exotic Dance est inspiré d’une histoire vraie, celle d’un peintre et dessinateur puis photographe érotomane (Itou Seiu, considéré comme le père du bondage) qui poussera jusqu’à l’extrême sa passion sadique à l’aide de sa femme consentante et très docile.

Au-delà de la personnalité hors du commun de Itou Seiu, que le film ne met pas spécialement en avant, Beauty’s Exotic Dance est avant tout un vrai plaisir pour les yeux. Superbement réalisé (il faut dire qu’avec un réalisateur aussi talentueux que Noboru Tanaka, on ne peut s’attendre à rien de moins), il bénéficie d’une photographie magnifique qui met en valeur les scènes de bondage ou torture sans jamais avoir recours à un érotisme facile. Justifiées par les photographies de Itou Seiu, ces scènes sont souvent de véritables tableaux et celles dans la neige sont tout simplement époustouflantes de beauté. D’autant plus que l’actrice principale n’est nulle autre que Junko Miyashita (Watcher In the Attic, A Woman Called Abe Sada, Watcher In the Attic, A Woman Called Abe Sada pour n’en citer que quelques uns).
La violence des tortures et la souffrance des victimes sont dévoilées par de longs plans sur le visage des victimes. Un parti pris, plutôt que celui de tout montrer, qui ne fait que rendre plus insoutenables les souffrances.
Outre le pur plaisir des yeux, Beauty’s Exotic Dance offre une construction intelligente qui met en parallèle les trois femmes de la vie de Itou Seiu. Chacune rivalisant dans la docilité avec la précédente femme de Itou Seiu. Un peu confus et déconcertant de prime abord par le chevauchement des époques et les flashbacks entremêlés, le film devient plus clair au fur et à mesure de son déroulement.

Faisant preuve d’une retenue finalement peu commune, Beauty’s Exotic Dance réussit le pari d’être à la fois un vrai film et un vrai film SM érotique d’une incroyable beauté. De quoi satisfaire des publics très différents.

 


Remarque : Le titre japonais fait référence à un livre de photographies de Itou Seiu interdit (on était alors au début du 20 ème siècle, c’est dire si Seiu était avant-gardiste) à l’époque. Par ailleurs, Oniroku Dan, qu'il n'est pas besoin de présenter, a écrit un livre sur Itou Seiu.

© zeni

Titre japonais (romanisé) : Hakkinbon Bijin Ranbu yori: Semeru!


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