Chichi Shibori (痴漢義父 息子の嫁と・・ )

de Daisuke Gotou, 2003

avec : Houryuu Nakamura, Ryouko Asaki, Yumeka Sasaki

scénario : Daisuke Gotou


Pour ceux qui douteraient encore de la pluralité des genres au sein du pinku, voici un film qui devrait définitivement les convaincre. Alors que la plupart des pinku se déroulent soit dans des lieux clos soit dans un milieu urbain et souvent les deux, Chichi Shibori choisit un décor résolument rural pour un pinku sous forme de drame érotique bovin. Une bouffée d’air frais bienvenue !

Vieil homme vivant avec sa belle-fille qui s’occupe avec lui de la ferme familiale, Shukichi vit dans le souvenir douloureux de son fils disparu. Sa vache préférée, Hanako, est également morte des suites d’une maladie et Shukichi s’est réfugié dans la folie douce. Sa belle-fille, pour l’aider à surmonter sa douleur, va prendre chaque matin la place d’Hanako dans l’étable et attend que Shukichi vienne la traire. Même si aucune goutte de lait ne sort des seins de sa belle-fille, Shukichi reste persuadé qu’il s’agit d’Hanako. Cependant, sa fille (Yumeka Sasaki) aimerait bien récupérer la ferme pour la vendre. Aidée d’un acolyte et du médecin de Shukichi, elle essaie de faire diagnostiquer la folie chez son père afin qu’il cède ses biens.

En dépit des scènes surprenantes de la traite de la belle-fille, Chichi Shibori est un film très sérieux dont se dégage même une certaine mélancolie et tristesse. Il s’agit plus exactement du portrait d’un vieux paysan accablé par la solitude et la douleur d’avoir perdu tous les êtres qui lui étaient chers. Seule reste sa belle-fille qui cristallise toute la douleur mais aussi et surtout l’amour des proches disparus. Ainsi Shukichi se masturbe en reniflant l’odeur du gel douche de sa belle-fille et finira même par faire l’amour à cette dernière qui s’offre à lui par pure bonté.
Le sujet central étant peu propice à des scènes érotiques, même si la belle-fille nue en train de se faire traire peu être qualifié d’érotique, Daisuke Gotou donne à la fille de Shukichi un métier qui permet d’inclure sans se forcer des scènes de sexe. De plus, l’intrigue inclut une tentative de viol. Au final, Chichi Shibori s’avère donc relativement érotique, en tout cas bien plus qu’il ne le laissait initialement supposer, sans pour autant que l’histoire en pâtisse.
Chichi Shibori surprend surtout par sa gravité en dépit de quelques pointes d’humour et ne cède jamais au ridicule en dépit de quelques scènes périlleuses. L’approche subtile de Gotou permet d’éviter la vulgarité et fait du film un superbe et touchant portrait d’un vieil homme seul, perdu dans ses souvenirs, em même temps qu’une belle et simple histoire d’amour. Un pinku poignant qui m’encourage à visionner d’autre films de ce réalisateur, Daisuke Gotou, que je ne connaissais pas en tant que réalisateur de pinku eiga (il a par ailleurs et entre autres, réalisé deux Zero Woman et Sasori in USA).

© zeni

Titre japonais (romanisé) : Chikan Gifu - Musuko no Yome to...

Titre(s) alternatif(s) : Pervert Stepfather


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